L’histoire de la date du 13 mai semble s’estomper dans les mémoires. Mais pas la place du même nom, qui continue de reproduire l’histoire.

Ferme. Le préfet de Police d’Anta­na­narivo, le général Angelo Christian Ravelo­narivo, a réitéré l’interdiction de toutes manifestations de rue demain. Toutefois, le dépôt de gerbes sur la place du 13 mai est autorisé à raison de 10 minutes par entité, et les déclarations à caractère politique sont proscrites. Par ailleurs, toutes les manifestations organisées doivent se tenir dans des lieux clos, a poursuivi le préfet de police lors d’une interview sur les ondes de la radio Antsiva.
« Nous allons nous rendre sur la place du 13 mai demain pour mener une manifestation pacifique », affirme le pasteur Edouard Tsarahame, porte-parole du « Rodoben’ny Mala­gasy Tia Tanindrazana ho Fanorenana » (RMTF).
Chaque année, des entités et organisations com­mémorent la tenue du «mouvement du 13 mai 1972», en mémoire des victimes. Mis à part les abonnés com­me Maître Willy Razafin­jatovo « Olala », Alain Rama­roson, Lalatiana Ravololomanana et, d’une manière globale, les opposants, aucune manifestation particulière n’est prévue à l’occasion du 45e anniversaire de cet évènement.

Symbole
Il y a quarante cinq ans à Madagascar, les étudiants se sont levés pour réclamer la démocratisation de l’enseignement et la fin de l’hégémonie de la langue française. Une manifestation réprimée par la garde prétorienne, causant près de 40 morts et des centaines de blessés.
Le 13 mai 1972 marque un tournant décisif dans l’histoire de Madagascar. Début de la fin de la première République, première manifestation populaire après l’indépendance. Actuel­lement, cette page de l’histoire de Madagascar est vaguement évoquée dans les manuels d’Histoire. Et dans la mémoire collective, cette date se résume au dépôt de gerbes sur la place du
13 mai. Depuis lors, la place du 13 mai représente tout un symbole. C’est en ces lieux que les trois précédentes Républiques ont chuté. À partir de 2010, l’ancienne Place Philibert Tsiranana, rebaptisée place du 13 mai été clôturée avec un accès très réglementé.
L’année dernière, la Préfecture de police d’Anta­nanarivo, dirigée par Fidèle Rafidison, a exigé à toutes les entités de disposer d’une autorisation pour la tenue de toute manifestation, même le simple dépôt de gerbes. Une déclaration qui a suscité l’indignation de l’opinion publique et de la population en général. D’autant que le général Florens Rakotomahanina, commandant de la circonscription Interrégionale  de la gendarmerie nationale (CIRGN) d’Antananarivo a été ferme, en affirmant que « Tous ceux qui tentent de rameuter la population seront arrêtés ». Sous la pression des vives réactions émanant essentiellement des partis de l’opposition, le préfet de Police a finalement autorisé le dépôt de gerbes avec un accès règlementé pour chaque entité. Un scénario possible pour demain.

Andry Rialintsalama

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