Rajaonarimampianina et le SMM – « Mon silence en dit long »

En marge d’une cérémonie policière hier, le Président de la République s’est exprimé sur l’appel du SMM à son endroit. Selon ses dires, son silence en dit déjà long.

Une répon­se   En tout cas, Hery Rajaonari­mampianina, président de la Répu- blique, s’est exprimé hier au sujet de l’appel du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), lui demandant de faire « une déclaration officielle et publique » en faveur de l’indépendance de la Justice.
« Mon silence est déjà une manière de m’exprimer et veut dire beaucoup de choses », a déclaré le locataire d’Iavoloha, en marge de la cérémonie de sortie de promotion des nouveaux commissaires et officiers de police sortant de l’École nationale supérieure de la police (ENSP), hier à Ivato. Selon le chef de l’État « j’ai déjà dit beaucoup de choses sur le sujet, maintenant, que chacun prenne ses responsabilités, les analyse (…) Le président n’est pas obligé d’accourir à chaque fois que des entités parlent ».
Dans une lettre à lui àadressée et lue durant un meeting, le 3 mai, le SMM appelle le Président de la République « à traduire en acte sa qualité de premier garant de l’indépendance de la Justice », par une déclaration officielle et publique, pour notamment « condamner l’instrumentalisation de la Justice et toute ingérence dans son cours normal. Pour rappeler l’obligation de respecter toutes les décisions de justice et la nécessité de sanctionner toute entrave à l’exécution de ces décisions provenant tant des gouvernants que des gouvernés (…) et assurer la sécurité des magistrats et de tous ceux qui sont appelés à rendre la Justice, dans l’exercice de leur fonction ».
« Prendre des mesures urgentes et strictes », contre toutes personnalités politiques et personnes « voulant s’immiscer et faire obstruction à la bonne marche de la Justice et mettre en place toutes les juridictions prévues par la Constitution et les législations en vigueur », entre au­tres, sont aussi requises de Hery Rajaonarimam­pianina par le SMM.

Rassurer
Difficile d’affirmer si les propos d’hier pourraient être la réponse du Président à l’appel des magistrats. Pour la première fois néanmoins, le locataire d’Iavoloha s’est exprimé sur les revendications des magistrats, dont l’objectif est aussi de « rétablir l’État de droit », dont les maux ont été mis à nu par l’affaire Claudine Razaima­monjy. L’importance de
l’État de droit et d’une Justice indépendante constitue des thèmes qui sont, effectivement, incontournables dans les allocutions publiques du président de la République.
Dans son message à l’endroit de la promotion « Fanilo » hier, le président Rajao­nari­mampianina a déclaré : « Je n’ai de cesse de le dire, l’absence de bonne gouvernance et de l’État de droit a conduit notre pays dans la situation déplorable où elle se trouve aujourd’hui. Les textes et les structures sont là, mais ce sont les personnes chargées de les appliquer et les faire marcher qui sont les plus importantes. Des personnes consciencieuses et responsables ».
Face aux nouveaux commissaires et officiers de police, le président de la République a soutenu que « le pays a besoin d’une sécurité et d’une justice apaisante ». Si l’on s’en tient aux mots du chef de l’État devant les journalistes en marge de cet évènement donc, il pourrait avoir déjà tout dit et « maintenant, que chacun prenne ses responsabilités ». Outre la face judiciaire, l’affaire Razaimamonjy a également une dimension politique, étant donné son statut au sein du cercle présidentiel et du parti « Hery vaovao ho an’i Madagasikara » (HVM).
Un paramètre qui pourrait mettre le Président dans une position délicate face à ce dossier, estiment certains observateurs. Dans un communiqué de presse, le ministère de la Communication avait soutenu que « le président de la République n’a nullement à se prononcer sur un simple dossier pénal touchant une simple citoyenne ». Une source judiciaire indique, cependant, qu’« étant donné la conjoncture et l’ampleur prise par le dossier, une déclaration solennelle du Président sera un signal fort pour rassurer la magistrature et l’opinion publique ».

Garry Fabrice Ranaivoson

 

L’Express de Madagascar

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