Les questions autour du financement et/ou budget de la rocade restent sans réponse. Les responsables évitent d’aborder le sujet.

Combien nous a coûté cette nouvelle rocade   La presse est restée sur sa faim sur cette question, vendredi. Interrogés, les différents responsables évitent d’apporter une réponse précise. « C’est une question qui regarde le gouvernement », s’est contentée de dire Larissa Ratsiraka  porte-parole de la société China road and bridge corporation (CRBC) au cours d’un point de presse à l’issue de l’inauguration de cette infrastructure. De son côté, le gouvernement s’esquive en invoquant l’indisponibilité de l’information dans l’immédiat. « Les détails et chiffres exacts ne sont pas entre mes mains », a clamé Narson Rafidimanana, ministre auprès de la Présidence chargé des projets présidentiels, de l’aménagement du territoire et de l’équipement.
La source de financement de ces travaux fait l’objet d’une vive polémique. Les détracteurs du régime ne mâchent pas leurs mots pour accuser le gouvernement d’avoir conclu un contrat « louche » avec les sociétés chinoises. Mais il aura fallu fouiller dans le projet de loi des Finances 2017 pour avoir quelques détails.

Grande pompe
La Chine assure le financement du projet de réhabilitation de la route Ivato- Tsarasaotra et Boule­vard de l’Europe – Village de la Francophonie à hauteur de 46,581 milliards d’ariary. Alors qu’au tout début du projet, les 89,6 milliards d’ariary de prêt de la Chine annoncés initialement dans la loi des finances initiale 2016 ont été réduits dans le budget rectificatif 2016 à quelque 9 milliards d’ariary.
Le Président Rajaonari­mampianina a procédé vendredi à l’inauguration en grande pompe de cette infrastructure reliant le Boulevard de l’Europe à la route Digue au niveau d’Andoha­tape­naka dans la partie Est d’Antana­narivo. Après six mois de travaux, cette rocade « est fin prête pour accueillir le seizième sommet de la Franco­phonie », a annoncé le président de la République.
À la veille de ce rendez-vous international, l’État s’est empressé d’inaugurer l’infrastructure encore inachevée. « Elle est déjà praticable et ouverte au public sauf pour les véhicules lourds. Les travaux devraient reprendre d’ici peu », a-t-il fait savoir.

Lova Rafidiarisoa