Dotée d’un don inné pour la cinématographie, Mi Ranaivo captive le jury et les critiques avec son « Trano Bongo misy ronono ».

Ranaivo­arisoa Miarinjatovo Seheno a la capacité d’avoir cet œil cinématographique que les critiques internationaux ont constaté dans son film « Trano bongo misy ronono ». Cette œuvre, en compétition dans la catégorie « Hors champs » pendant les Rencontres du Film Court 12e édition, a remporté le premier prix.
Sur un fond d’histoire relatant le combat mené par une veuve quinquagénaire pour assurer les études de ses deux enfants avec la maigre somme qu’elle gagne en vendant des produits maraîchers, la jeune réalisatrice savait suggérer, par l’image, les détails pour capter
l’attention. Elle, qui n’a jamais suivi une quelconque étude cinématographique et qui est  tout simplement à son premier « Vrai » film.
Passionnée de photographie depuis sa tendre enfance, Ranaivoarisoa  Miarinjatovo Seheno ou Mi Ranaivo s’amusait à prendre des images avec une webcam et utilisait le « Movie maker » pour faire son montage, pendant ses temps libres. Ses proches se sont prêtés à ce jeu pour réaliser un petit film familial qu’ils sont les seuls à avoir le droit de regarder, en pensant à la médiocrité de la qualité du produit. Mais cet amour de la réalisation cinématographique la suivait jusque dans ses études d’agronomie. Ses stages en milieu rural l’imprégnaient de cet univers totalement différent du paysage urbain et sur lequel elle veut porter un regard positif.

Avenir assuré
Ce n’est qu’après avoir terminé son ingéniorat en agronomie qu’elle s’est lancé un défi de réaliser son propre court métrage. C’était en 2016 qu’elle a réalisé « Trano bongo misy ronono » avec une seule caméra D7100 sans enregistreur de son, ni de pied et qui appartient à son oncle. Entourée de ses cousins et cousines qui sont dans l’écriture, la peinture et la photographie, elle a constaté que la diversité de chacun contribue à trouver un bon équilibre dans l’ensemble de ce film. Le jury ne se s’est pas trompé, « Trano bongo misy ronono » remporte le prix « Hors champs » de la compétition et empoche la coquette somme de 500 euros.
La jeune réalisatrice ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Utiliser le septième art comme support pour la sauvegarde de la biodiversité malgache est comme un œil pour évoquer les problèmes que rencontrent les acteurs ruraux de la grande île, et figure parmi ses projets d’avenir. De très belles perspectives

Ricky Ramanan

 

L’Express de Madagascar

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